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Danses et Airs à la Cour de France

le 8 janvier 2017, Hôtel de Soubise (Paris)

Concert : Clavecin en partage

Hôtel de Soubise
Archives nationales 60 rue des Francs Bourgeois
75003 Paris

Dimanche 8 janvier 2017 à 12h30

Entrée libre

Attention, nombre de places limité, pas de réservation possible.

Par Léa Desandre, mezzo-soprano et Violaine Cochard, clavecin.

L’air de cour conquit le monde musical français à la charnière de la Renaissance tardive et du premier baroque, approximativement entre 1580 et 1590, donc à la naissance d’un véritable chant soliste, et perdura parallèlement à l’émergence de la tragédie lyrique pour ensuite lui laisser le devant de la scène. En ce sens, même si la première mention de l’existence de l’air de cour est apparue dans un recueil du compositeur Adrien Le Roy publié en 1571, celui-ci demeurait très redevable à la musique italienne telle que certains cénacles, notamment celui du Comte Bardi à Florence, s’en étaient faits les précurseurs lors de ces années d’exploration. De ses origines de la Renaissance, l’air de cour conserva un caractère polyphonique important, mais ce fut bien sûr le chant soliste qui se tailla la part du lion dans le développement qu’il connut dans la première moitié du XVII\upe siècle. S’il insista bien souvent sur l’intelligibilité absolue du texte (la tragédie lyrique lui était sur ce point largement redevable), l’air de cour à la française se frotta aussi à l’exercice de la virtuosité vocale, exercice pourtant banni des tragédies lyriques établies par Lully au profit de la juste déclamation.

Michel Lambert (1610-1696), le beau-père de Lully, signa ainsi plus de 300 partitions de ce genre dont on commence enfin à soupçonner l’importance tant musicale qu’historique. Sébastien Le Camus (vers 1610-1677) était violoniste aussi bien que théorbiste : membre de La Petite Bande créée par Lully au sein même des célèbres Vingt-Quatre Violons du Roy, il était éminemment bien placé pour tirer les leçons de son protecteur et ses airs de cour brillent par une élégance toute hexagonale. De son côté, Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) fut certes taxé d’italianophilie malvenue mais demeura pourtant intrinsèquement français dans sa manière.

L’autre passion du royaume de France était la danse. Même si cette dernière concerne en réalité toute l’Europe, les Bourbons l’avaient érigé en véritable art d’état : le Roi-Soleil lui-même impressionnait le monde civilisé par ses prouesses chorégraphiques, renforçant encore la grandeur de son règne par sa superbe plasticité physique. Sans surprise, la tragédie lyrique offrait à la danse la part du lion mais tout le milieu musical s’enivrait de rythmes chorégraphiques. La grande école française du clavecin, établie par Jacques Champion de Chambonnières, Louis Couperin et Jean-Henry d’Anglebert, allait porter la suite de danses à des sommets que François Couperin, neveu de Louis, couronna d’une œuvre vertigineuse constituée de vingt-sept ordres répartis en quatre livres. Le clavecin français, c’est un univers de clair-obscur, de délicats coups de pinceaux maniant l’élégance élusive et la suggestion. C’est aussi une fantastique galerie de caractères (au sens imposé par le grand Jean de La Bruyère), de portraits parfois mystérieux dont on cherche encore toutes les sources.

Le programme proposé est consacré à cette époque passionnante et à ces maîtres qui occupent une place unique dans l’histoire de la musique. Récital à deux voix, moment continu où les pièces instrumentales sont un écho, un commentaire des pièces chantées, les liant entre elles ou les annonçant.

Jean-Henri d’Anglebert (1629 – 1691)
Prélude en sol mineur
Sébastien Le Camus (1610 – 1677)
On n’entend rien dans ce bocage
Sébastien Le Camus
Je passais de tranquilles jours
Jean-Henri d’Anglebert
Sarabande en sol mineur
Marc-Antoine Charpentier (1643 – 1704)
Tristes déserts
François Couperin (1668 – 1733)
La Favorite (Chaconne à deux temps)
Marc-Antoine Charpentier
Celle qui fait tout mon tourment
Michel Lambert (1610 – 1696)
Ma bergère
Louis Couperin (1626 – 1661)
La Piémontaise
Courante la Mignone
Sarabande
Sébastien Le Camus
Laissez durer la nuit
Louis Couperin
Chaconne en ré mineur
Michel Lambert
Vos mépris





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publié le samedi 2 septembre 2017

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