par Michel Lamalle
Michel Lamalle est ingénieur des Ponts, des Eaux et Forêts. Passionné de musique, il pratique le clavecin et l’orgue en amateur. Il est membre du conseil d’administration de Clavecin en France.
L’Art de la Fugue de Johann Sebastian Bach est une œuvre fascinante à bien des égards : tout d’abord, en raison du caractère intimidant de ce monument de l’histoire de la musique à la gloire du contrepoint, par un auteur qui a porté cette technique d’écriture à son apogée ; du fait de l’état inachevé de l’œuvre, qui est l’une des toutes dernières du Cantor de Leipzig et qui sera publiée à titre posthume ; enfin, de par les questions qu’elle pose quant au véritable dessein poursuivi par le compositeur, notamment en ce qui concerne l’ordre de présentation de ses différentes pièces et le ou les instruments auxquels il les destinait.
L’Art de la Fugue, objet d’étude, d’analyse, de discussion, mais surtout véritable œuvre musicale à rendre sensible par l’interprétation, a suscité, depuis la fin du XIXe siècle, de nombreux travaux et commentaires de la part de musicologues et d’interprètes, souvent contradictoires, que j’ai ressenti le besoin de confronter et, si possible, d’évaluer afin de faire le point, d’abord pour mon usage personnel, sur les toutes les questions qu’elle suscite.
Une fois mis en forme, le travail de collecte, de synthèse et de présentation des réponses qui peuvent leur être apportées a donné lieu à un mémorandum qui, ai-je pensé, pourrait également intéresser des interprètes ou mélomanes aussi passionnés que moi par cette œuvre. C’est la raison pour laquelle j’ai proposé à Clavecin en France de le rendre accessible sur son site.
Ce mémorandum commence par présenter les sources de l’ouvrage et l’état des connaissances en ce qui concerne la date probable et les circonstances de sa composition.
Il examine ensuite un certain nombre de questions musicologiques très disputées, à savoir l’appartenance de la fugue inachevée au recueil, l’éventualité qu’il s’agisse d’une quadruple fugue (et non d’une triple fugue qui correspond à l’état dans lequel elle nous est parvenue) et la possibilité, en dépit des apparences, que J.S. Bach ait achevé l’Art de la Fugue.
Le mémorandum synthétise ensuite les réponses apportées par divers musicologues et interprètes représentatifs, aux deux principales questions qui constituent son objet et qui sont les suivantes :
- quel est le plan d’ensemble de l’Art de la Fugue et dans quel ordre devrait-on exécuter les pièces qu’il contient ?
- à quel(s) instrument(s) l’œuvre est-elle destinée ?
Après une brève conclusion, une première annexe présente les différentes pièces qui constituent l’Art de la Fugue à travers les différents thèmes utilisés par J.S. Bach. Une deuxième annexe dresse une table de concordance de différentes éditions ou classifications des pièces de l’Art de la Fugue. Enfin, une troisième et dernière présente les choix et les plans adoptés par un échantillon d’interprètes ayant enregistré l’Art de la Fugue, respectivement, au clavecin, en ensemble instrumental, à l’orgue ou au piano.
Je répondrai volontiers aux questions et aux suggestions d’amélioration de ce document. Celles-ci peuvent m’être adressées à mon attention à contact clavecin-en-france.org
Michel LAMALLE
10 octobre 2025
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