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#1 15-10-2007 08:44:01

disperati
Membre

recital hantai menerbes 14 octobre

bonjour a tous,

je n'ai pas eu l'occasion d'entendre pierre hantai en recital depuis de nombreuses annees
dimanche , inscrit au festival musique ancienne d'avignon, programme bach et scarlatti .
quelle deception!
les suites anglaises a la limite du supportable tant le tempo etait rapide!
je ne parlerai pas de scarlatti - sans commentaire
exercice de style ou jeu du cirque?
comment entendre bach avec raison , ces pieces admirables , sans laisser resonner l'instrument?
j'avoue etre perplexe!
plusieurs rangs se vident a l'entracte!
le public n'attend meme pas le deuxieme bis et hantai insiste alors qu'il s'etait interrompu pour un bruit de porte pendant le recital!!


bref , certains d'entre vous ont ils eu l'occasion de l'entendre recemment?


tres decu par le personnage...

jp disperati

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#2 15-10-2007 16:53:23

Pancrace
Membre

Re : recital hantai menerbes 14 octobre

Oui, je l'ai entendu ce week-end avec ses 2 frères pour un concert de pièces en quatuor Rameau/Teleman à Versailles pour le festival du CMBV. Visiblement, il était en meilleure disposition ce vendredi soir...

Mais mon frère a assisté à un concert d'Hantaï il y a quelques années pendant lequel il a été aussi un peu "limite".

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#3 16-10-2007 19:26:54

anonyme
Membre

Re : recital hantai menerbes 14 octobre

et bien, il est bien triste de trouver de tels messages sur un site dédié au clavecin. Je me demande comment on peut oser écrire de tels propos concernant un des clavecinistes qui maintient le clavecin à son plus haut niveau depuis toujours. Bien sûr, je respecte les choix d'interprétation et les goûts de chacun, mais devant un tel musicien, qui détient dans ses doigts et sa pensée musicale tout l'héritage d'un Gustav Leohnart, j'aurais volontiers imaginer un peu plus de respect...
Les plus grands musiciens sont-ils tenus d'être parfaits à chaque concert ? il me semble qu'il appartient aussi à nous de savoir saisir l'essence d'un concert, tout au moins d'essayer de canaliser nos critiques...

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#4 16-10-2007 20:31:32

Re : recital hantai menerbes 14 octobre

Merci cher Anonyme de faire en sorte que Pierre Hantaï trouve ici la place qui lui revient. Le concert est un moment fort, et qui en a fait l'expérience, sait que l'essentiel ne réside pas dans un énoncé de notes, ordonnées selon le goût professoral dominant. Cet artiste est l'un des seuls à savoir le pouvoir expressif du clavecin, sa souplesse mais aussi ses rudesses.Le clavecin n'est pas joli, il a, plus que tout autre instrument, besoin d'imagination et de ferveur pour sonner fidèlement. L'ère du récital accompagné d'une tasse de thé est désormais révolue ; vive le clavecin!

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#5 16-10-2007 20:35:49

anonyme
Membre

Re : recital hantai menerbes 14 octobre

ah merci cher Valétudinaire. enfin et des mots qui élèvent le clavecin à une tout autre dimension, poétique et imaginative...

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#6 17-10-2007 08:24:46

disperati
Membre

Re : recital hantai menerbes 14 octobre

messieurs,

j'ai tres probablement connu pierre hantai avant vous, lorsqu'il etait encore dans l'anonymat le plus total! (1986 pour les amateurs de dates)
quant a son talent herite totalement de Gustav Leohnart, je me permets d'en douter! certainement pierre hantai est tres doue au clavecin, mais de la a avoir la capacite  d'heriter de la totalite du talent de g leohnart en deux petites annees, permettez moi d'en douter!
pierre hantai est pour le moins tres eloigne du genie et de la qualite muisicale de g lehonart qui lui joue en parfaite intelligence avec son environnement sonore.
desole de contredire , mais interpreter une oeuvre c'est avant tout l'aborder globalement sans faire abstraction des dimensions qui y sont liees .
la vitesse d'interpretation , d'accord si l'interprete la destine  au service de la musique qu'il sert!

soyons modeste , ce n'est pas l'inverse, la musique n'est pas au service de l'instrumentiste comme faire valoir!
dans ce domaine je vous conseille de lire le tres bel article de gustav lehonart edite dans le monde de la musique d'octobre
apres lecture, il faut reconnaitre que pierre hantai est a cent lieues du sens musical de g lehonart

comme heritier , desole , mais ce n'est pas le temps passe avec un maitre qui decide du resultat de la transmission de ses richesses

desole d'avoir bouscule l'edifice au risque de renverser les tasses de the! on ne touche pas aux artistes celebres, il est bien evident que tout ce qu'ils font est bien!


criticalement votre

jp disperati

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#7 17-10-2007 09:59:32

anonyme
Membre

Re : recital hantai menerbes 14 octobre

Monsieur (vous semblez employer le masculin donc...),

je doute qu'il s'agisse d'une concurrence pour savoir qui connaît Pierre Hantai depuis plus longtemps...surtout si le nombre d'année d'études avec un professeur n'est pas un bon critère pour vous. Je n'ai jamais dit que Pierre Hantai avait hérité de la totalité du talent de Gustav Leohnart, vous m'avez mal compris.

Il est possible de rester 1 mois, 3 mois, 6 mois, avec un professeur, et de saisir l'essentiel ou tout au moins une partie de son approche de l'instrument, non ?
il est même parfois possible d'apprendre de quelqu'un juste en l'écoutant en concert, en disque,...
Ces 2 petites années ont du être bien longues pour Pierre Hantai, surtout pour quelqu'un qui a par la suite joué sous la direction de G.Leohnart, travaillé avec les Kuijken, et j'en passe. La notion de transmission d'une pensée musicale existait déjà, j'espère...
Son intelligence a sans doute été d'avoir assimilé l'approche si particulière et si intègre de cette école du Nord, en rencontrant et travaillant avec tous ces "pionniers" et leurs élèves (il devait y avoir une belle effervescence musicale !), et d'avoir par la suite développé sa propre personnalité musicale.
Certes, personnalité qui a bouleversé quelque peu la vision du clavecin, en explorant au maximum les possibilités de cet instrument, sans avoir peur des critiques.

Certes, la musique ne doit pas être le faire-valoir de l'instrumentiste, mais, ne serait-il pas surtout le problème de trouver le juste équilibre entre la voix du compositeur et celle de l'interprète ? entre ce qu'impose le clavecin et l'imagination sonore que le musicien en a ?
"la vitesse d'interprétation" d'une oeuvre est bien variable suivant les musiciens, et heureusement ! je trouve cela plutot rassurant.
Après, à partir de quel moment bascule-t'on dans le mépris de la musique que l'on joue ? pour un tempo ?
Non, il ne s'agit pas d'exempter les gens célèbres de toute critique, mais de respecter le parcours de quelqu'un, son travail, la difficulté de sublimer la musique à chaque récital...

Vous demandiez si quelqu'un l'avait écouté en concert récemment. et bien oui.
Puis-je vous conseiller d'écouter un peu de sa discographie ? ses premiers disques de musique anglaise, Farnaby, Bull, les premières Goldberg, les Scarlatti...ce sont des disques, mais, comme au concert, il est possible de saisir  le sens du discours et la clarté avec laquelle il joue. La clarté du discours, son maître mot, d'ailleurs.

Bien à vous.

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#8 17-10-2007 10:24:56

disperati
Membre

Re : recital hantai menerbes 14 octobre

reponse a anonyme,

je partage tout a fait le sens de votre reflexion.
C'est bien par rapport a cette reflexion que j'ai ete choque d'entendre cette interpretation dimanche.
la discographie de pierre hantai n'est pas a mettre en cause , bien evidemment
je possede ces disques et j'aime ...
pierre hantai ne se risquera jamais a graver un disque sur un "delire" d'interpretation!

un enregistrement reste... comme les ecrits....

je retournerai ecouter pierre hantai en musique d'ensemble , sans aucun doute.
mais en soliste, a l'avenir j'eviterai quatre heures de route pour l'ecouter!....

merci pour votre reponse

jp disperati

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#9 17-10-2007 10:26:22

Michel Louet
Membre

Re : recital hantai menerbes 14 octobre

Cher " anonyme"

Vous avez écrit :" un tel musicien, qui détient dans ses doigts et sa pensée musicale tout l'héritage d'un Gustav Leohnart"

Sans vouloir entrer dans une polémique sur les qualités ou défauts supposés des uns ou des autres, je tiens à rappeler que Gustav Leonhardt a dispensé des cours ( au conservatoire Sweelinck d'Amsterdam, en cours particuliers, lors de master-classes) auprès de très nombreux  clavecinistes du monde entier, pendant de nombreuses années, environ 50 ans. Personne ne peut être supposé légataire universel d'un art de l'interprétation sans égal: éloquence, clarté de la diction, maître des illusions...Après avoir très longuement écouté les étudiants, il cherche avec eux à faire en sorte qu'ils soient eux-mêmes lorsqu'il jouent.
Afin de ménager les susceptibilités des uns et des autres, surtout en France où nous sommes très nombriliques, je ne citerai pas d'interprètes français dont beaucoup ont fait le voyage à Amsterdam, tout comme P.Hantaï;  écoutez deux personnalités aussi dissemblables que Ton Koopman et Bob Van Asperen , pourtant nourries de ce même lait, et jugez de la prétention à se réclamer de l'héritage de Gustav Leonhardt.

Dernière modification par Michel Louet (17-10-2007 10:49:20)

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#10 17-10-2007 11:04:20

anonyme
Membre

Re : recital hantai menerbes 14 octobre

cher Monsieur

je ne tiens personne pour légataire absolu de l'enseignement de G.Leohnart. Je me suis expliqué à ce propos dans ma deuxième réponse à M.Disperati.
Je parlais simplement de transmission de certaines valeurs musicales, G.Leohanrt étant un modèle d'intégrité avec laquelle il aborde la musique. Bien sur, Pierre Hantai n'est pas le seul à avoir profité de cet enseignement, et ce n'était pas mon propos. Il s'efforce d'en retransmettre certaines idées lors de son enseignement. Ce n'est bien sûr pas le seul. Là s'arrêtait mon propos !

Bien à vous.

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#11 18-10-2007 11:36:55

Elisabeth
Membre

Re : recital hantai menerbes 14 octobre

Tout le monde parle de Leonhardt dans cette discussion, mais seul Michel Louet l'écrit
correctement!!
Le sujet est-il l'héritage de Leonhardt ou les concerts de P.Hantai?
La "technique hollandaise" (on peut en discuter maintenant que le temps a un peu passé) ou l'attitude de P.Hantai vis à vis des concerts et du public??

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#12 22-10-2007 21:08:50

Re : recital hantai menerbes 14 octobre

Bonjour,

Le premier message de JP Disperati soulevait plusieurs questions intéressantes, au-delà même du cas particulier qu'il évoquait, touchant aux rapports du claveciniste avec le public (et inversement) , de l'interprète avec l'instrument, etc.
En ce qui concerne l'impact important, positif ou négatif, de certains concerts, la déception de JPD, aussi intense que la motivation manifestement sincère qui l'avait poussé à faire quatre heures de route pour se rendre à ce récital, m'a rappelé un autre concert que nous avions organisé à Montargis il y a exactement trente ans, réunissant pour la première fois en France Gustav Leonhardt et Frans Brüggen, un an après avoir  reçu les Kuijken et R. Kohnen. Quatre cent cinquante personnes étaient venues,  de Paris, de Belgique, de Suisse, dans une atmosphère aussi conviviale qu'effervescente (le qualificatif  employé par « anonyme » était très pertinent),  avec la présence  d'éminents  collègues clavecinistes comme Christiane Jacottet et Robert Kohnen,  et même de quelques critiques parisiens conscients de  l'importance de l'événement ! Les musiciens dans la plénitude de leurs idées et de leurs moyens comblèrent l'attente d'un public avide et encore peu imprégné de références. J'avais remarqué dans l'assemblée une silhouette vêtue d'un imperméable sombre, qui ne m'était pas inconnue. A la fin du concert, je découvris le regard un peu inquiet d'un garçon accompagné de sa mère. Il s'appelait Pierre Hantaï, il avait treize ans.
Les interrogations de JP Disperati était pertinemment exposées, et ne méritaient pas les ripostes offusquées de deux fans érigés en gardiens du Temple . Car il est vrai que la plupart des interprètes à forte personnalité suscitent, parfois malgré eux, des inconditionnels, voire des idolâtres dont le zèle les agace souvent plus qu'il ne les flatte. Quelle manière réductrice de vouloir encenser un interprète en ne se situant qu'en termes d'héritage, et de surcroît particulièrement inappropriée en ce qui concerne P. Hantaï,  car, qu'il fascine ou agace, ce musicien est d'abord lui-même, et veut être lui-même.
Cela dit, le respect du travail des artistes et même la conscience de leur vulnérabilité  n'empêchent nullement la critique, inhérente aux règles du jeu de toute prestation publique, et s'interroger sur la part respective de l'affirmation d'une différence et de la sincérité des choix proprement musicaux est plus salutaire qu'iconoclaste. Car l'exécution publique de la musique passe inévitablement par la représentation de soi, plus ou moins bien vécue par les artistes. Etre sur scène est un exercice difficile que certains peuvent ressentir comme une mise en danger d'eux-mêmes et de leur réputation, au point de développer des comportements d'auto-protection où la représentation de soi devient une fin susceptible de parasiter le projet musical.
Il semble un peu vain de renvoyer l'auditeur déçu d'un concert à la discographie de l'interprète, puisque le disque est un  produit fini, une construction  trompeuse à presque tous les points de vue, qu'il s'agisse de la sonorité du clavecin ou même de la « clarté du discours » musical, souvent restitué sous une forme idéalisée grâce à la sélection des prises et aux techniques de montage de plus en plus aisées. De ce point de vue, il faut souhaiter que le concert ne se cantonne pas au « musicalement correct » et permette encore aux musiciens d'oser. Reste à ne pas confondre audace et système de représentation.
Il me semble inutile aussi de renvoyer l'auditeur du musicien-interprète aux paroles du musicien-pédagogue : sans doute ces deux aspects de la pratique s'enrichissent-ils mutuellement, mais le discours des notes doit être lisible sans celui des mots. En d'autres termes, la mise en exergue de la « clarté du discours » devient elle-même un discours sur la clarté,  qui n'est pas neutre, et doit aussi être décodé, vous me suivez ?
Enfin, je crois que l' argument de Valétudinaire, selon lequel l'association mentale récital de clavecin-tasse de thé serait « désormais » révolue, a bien trente  ans de retard, et relève de la caricature : on n'a pas attendu P. Hantaï pour ne plus confondre raffinement et mièvrerie, l'important aujourd'hui est de ne pas substituer à l' image  mythique d'un instrument policé un autre stéréotype, celui d'une pseudo-libération qui privilégierait ses « rudesses » ou son âpreté (ce sont des arguments que j'avais déjà lus ou entendus), à travers une relation avec l'instrument qui tend plus à asservir le clavecin qu'à le dominer.
Peut-être Valétudinaire nous expliquera-t-il ce qu'est « le » clavecin qui  « sonne fidèlement » ? fidèlement à quoi ? sinon à l'idée que chacun de nous peut en avoir  …

Cordialement

Marie-Christine Anselm

Dernière modification par Marie-Christine Anselm (23-10-2007 12:17:50)

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#13 22-10-2007 23:59:43

Lord Lumley_
Membre

Re : recital hantai menerbes 14 octobre

Et bien. la discussion semble close. Difficile de trouver l'énergie pour tout reprendre point par point. Alors vive les concerts, les disques et les écrits de ces clavecinistes qui continuent de nous émerveiller.

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