le samedi 13 septembre 2025 à 18 h à Ivry-sur-Seine
Le nombre de places étant limité la réservation est indispensable, auprès de Laure Morabito (lauremorabito gmail.com tel. : 06 45 20 64 25)
Précisons que ce concert « Claviers en Partage », est organisé dans un cadre privé associatif. Il est gratuit, ouvert à tous sympathisants ou adhérents de CLEF, dans la mesure des places disponibles. Il nous est offert par les artistes dans le but de promouvoir les projets portés par l’association. Suivant la tradition nous conclurons la soirée par un verre de l’amitié.
Hélène de Montgeroult - André Chénier
CONCERT-LECTURE
- Bénédicte Harlé, Pianoforte Clementi ca.1800 & Thierry Vorgers, Récitant
Ce spectacle, déjà représenté en juin 2018 au Château de Montgeroult, (Val d’Oise), Au C.R.D. de Fresnes et à l’Abbaye de Royaumont, pour la journée des femmes en mars 2019 et, à nouveau au Château de Montgeroult en mai 2025, rapproche deux destins bouleversés par la Révolution française et également précurseurs du mouvement romantique, en musique pour Hélène de Montgeroult, en littérature pour André Chénier.
Nous mettons leurs œuvres en correspondance le temps d’un concert et proposons aux auditeurs d’interroger comment leurs vies parallèles (ils sont nés à deux ans d’intervalle) et parallèlement tragiques, en des temps troublés, ont été le ferment de leurs inspirations visionnaires et de leurs aspirations à de nouveaux discours artistiques.
Un drame sans récit explicite, raconté seulement par les vibrations des compositions d’Hélène de Montgeroult et les vers d’André Chénier.
Aux 7 études d’Hélène de Montgeroult choisies, nous avons ajouté une sonate de son contemporain Hyacinthe Jadin, si proche de ton avec les poèmes de jeunesse d’André Chénier, et un air de l’opéra Andrea Chenier d’Umberto Giordano, directement inspiré des poèmes La belle captive et Comme un dernier rayon…
- Hyacinthe Jadin : Sonate en Si bémol majeur, op.4, I Allegro
- Mes chants savent tout peindre…
- Hyacinthe Jadin : Sonate en Si bémol majeur, op.4, II
- Quand la feuille en festons a couronné les bois, …
- Hyacinthe Jadin : Sonate en Si bémol majeur, op.4, III
- Hélène de Montgeroult : Étude N° 55
- Ô délices d’amour ! Et toi, molle paresse, …
- Ah ! Portons dans les bois ma triste inquiétude ...
- Hélène de Montgeroult : Étude N° 34
- Partons, la voile est prête, et Byzance m’appelle !
- Hélène de Montgeroult : Étude N° 45
- La jeune tarentine
- Hélène de Montgeroult : Étude N° 46
- Hélène de Montgeroult : Étude N° 69
- La jeune captive
- Hélène de Montgeroult : Étude N° 89
- Aujourd’hui qu’au tombeau je suis prêt à descendre, …
- Umberto Giordano : Andrea Chenier, “Come un bel di di maggio” (au piano seul)
- Comme un dernier rayon, …
- Hélène de Montgeroult : Étude N° 73
Bénédicte Harlé, pianiste, se consacre en particulier, depuis 1996, à la pratique du répertoire du lied, de la mélodie et de l’opéra, à travers son activité de chef de chant au CNSM de Paris. Elle se consacre avec une égale passion à la musique de chambre et se produit en France, en Suisse, en Allemagne et au Japon dans des formations instrumentales variées ainsi qu’en duo chant-piano. Également familière du monde de la musique ancienne, elle découvre avec grand intérêt la vie et l’œuvre d’Hélène de Montgeroult, grâce aux travaux du musicologue Jérôme Dorival et propose également régulièrement des concerts et récitals consacrés à l’œuvre de cette compositrice, à laquelle elle a consacré un enregistrement, « Le Salon d’Hélène de Montgeroult », aux éditions Modulation.
Thierry Vorgers collabore avec Bénédicte Harlé à l’occasion d’un spectacle concert & poésie consacré à Hélène de Montgeroult et André Chénier, présenté à plusieurs reprises en 2018 et 2019, à Mongeroult, Fresnes, l’abbaye de Royaumont, ainsi qu’au spectacle « Mille baisers de Honfleur » consacré à Erik Satie et Alphonse Allais, avec Bénédicte Harlé, Philippa Neuteboom, Fabrice Berjot et Jacques Sallès.
Le 7 thermidor de l’an I (25 juillet 1793), la marquise et le marquis de Montgeroult sont arrêtés violemment par les Autrichiens lors d’une mission diplomatique. Le marquis mourra ensuite, dans les geôles de Mantoue, le 2 septembre. Hélène finira par rejoindre Paris, mais sa vie a basculé. Un an plus tard exactement, le 7 thermidor de l’an II (25 juillet 1794), André Chénier est guillotiné à Paris.
Hélène est née à Lyon, le 2 mars 1764, dans une famille de petite et récente noblesse (les de Nervo). Elle passe l’essentiel de sa jeunesse à Paris. A 19 ans, elle épouse le marquis de Montgeroult, qui en a 47 ; il est propriétaire du Château de Montgeroult, qui sera vendu pendant la révolution.
André Chénier est né à Constantinople le 30 octobre 1762, d’une mère grecque, et d’un père commerçant français, qui deviendra diplomate. De retour en France, il passe sa prime jeunesse à Carcassonne avant d’intégrer, à Paris, le collège de Navarre.
En 1789, Hélène de Montgeroult a 25 ans. Elle fréquente les « salons » littéraires et musicaux les plus en vue de la capitale où elle ravit les oreilles raffinées de l’auditoire par sa maitrise du pianoforte. André Chénier à 27 ans. Il se consacre à la poésie. Passionné de littérature ancienne, notamment grecque, il cherche à importer en français les accents lyriques, et les rythmes variés, de cette dernière. Lui aussi fréquente les salons littéraires, malgré sa condition modeste. Il y déclame ses vers d’une voix chaude, qui plait.
Se sont-ils rencontrés ? Se connaissaient-ils ? Aucune trace n’en atteste mais il est presque inévitable que leurs pas, avant leurs destins, se soient croisés, tant leurs cercles de fréquentations étaient proches dans le Paris de la fin du XVIIIe siècle. Un monde quelque peu privilégié et ouvert aux idées nouvelles, aussi bien politiquement qu’artistiquement. Mêmes salons, mêmes cénacles idéologiques. Ils ont, de fait, vécu si proches, fut-ce sans le savoir, qu’ils n’ont pu que s’imprégner des mêmes éthers.
Au début de la Révolution, ils sont « du même bord », celui des modérés prônant l’avènement d’une monarchie constitutionnelle. Les Montgeroult se rendent, par exemple, au club des Feuillants auquel appartient également André Chénier, devenu journaliste. Après la fuite du roi (20-21 juin 1791), alors que la Révolution bascule progressivement dans la guerre et vers l’horreur de la Terreur, les Montgeroult sont à Londres une bonne partie de 1792. En avril 1793, revenus en France, depuis quelques mois, ils partent pour la mission diplomatique qui causera leur arrestation brutale et la mort du marquis, l’épisode le plus traumatique de la vie d’Hélène.
André, lui, participe activement à la défense de Louis XVI (guillotiné le 21 janvier 1793). Ses prises de position lui valent de plus en plus d’inimitié dans les cercles révolutionnaires extrémistes qui ont pris le pouvoir. Il a l’occasion de fuir en Angleterre, mais s’y refuse. Hélène également est inquiétée. Sauvée, dit-on, par son talent, elle est « priée » par un décret du Comité de Salut Public conquis par ses improvisations sur la Marseillaise, de prêter sa main musicale à l’organisation des fêtes révolutionnaires. Elle survivra à la révolution et publiera, sous l’empire, son Cours Complet pour l’Étude du Fortepiano, grâce auquel, pour la plupart, sa musique nous est parvenue.
Finalement emprisonné, André est, lui, jugé et condamné à mort. Sa tête roule le 25 juillet 1794, deux jours avant la chute de Robespierre et la fin de la Terreur. Jusqu’à la dernière minute, il écrit. En prison, il écrit. Il trace des vers enfiévrés, poignants de liberté à la fois formelle et d’inspiration, d’un humanisme vibrant, parvenus à nous par miracle.
Et puisque, même si on ignore s’ils se connaissaient, il n’est pas interdit de les imaginer, elle au pianoforte, lui debout près d’elle, déclamant ses vers, leurs regards complices se croisant, pleins de joie de vivre, d’espoirs, de peine, de gravité, de révolte, de retenue, d’humanité.
En ont-ils eu conscience ? Leurs œuvres qui toutes deux prenaient élan sur le passé pour mieux attraper l’avenir, ont ouvert avec prémonition l’ère romantique, déjà fécondée dans le ventre de l’histoire.
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