Vous n'êtes pas identifié(e).

#1 16-02-2007 14:58:12

Samuel RAUFER
Membre

Registration au clavecin

Bonjour,

Organiste de formation, je m'intéresse particulièrement à la registration. Quelqu'un sur ce forum a-t-il une idée sur l'art de la registration dans la musique française de clavecin ( 17eme&18eme) particulièrement pour ce qui concerne l'usage du 4 pieds  (plenum, jeu soliste etc) opposition des deux claviers ...  Je n'ai trouvé aucune indication précise ni texte sur le sujet,  est-ce seulement laissé au libre goût de chacun ?

Samuel.

Hors ligne

#2 16-02-2007 20:07:31

Jean-Pierre
Membre

Re : Registration au clavecin

Bonsoir,

La registration au clavecin est évidemment bien moins développée qu'à l'orgue, et le nombre de combinaison est réduit. J'ai personnellement toujours considéré que c'était laissé à la grande liberté de l'interprète, et de son "bon goût". Dans les pièces en rondeau, j'ai tendance à jouer le plein-jeu (8+8+4 ou 8+8) au clavier inférieur pour le refrain, et les couplets au clavier supérieur.
Pour d'autres pièces, on peut alterner les deux 8 pieds lors des reprises.
Quant à l'usage du 4 pieds seul, l'usage me semble très restreint (dans la reprise du "rossignol en amour" de F. Couperin ?)


"Riccho son d'oro et riccho son di suono, non mi sonar si tu non ha del buono"

Hors ligne

#3 17-02-2007 09:51:53

Michel Louet
Membre

Re : Registration au clavecin

Bonjour,

l'orgue "classique" français (de 1660 environ jusqu'à la fin du XVIIIème) est un instrument qui va certes évoluer mais dont les grands principes vont rester stables: mélanges types tels que pleins jeux, grands jeux, jeux de tierce...La liturgie cantonne l'instrument à un rôle précis quasi immuable, celui d'alterner les versets du plain chant. Aussi, presque aucune liberté de registration n'est-elle laissée à l'interprète dans la mesure où les mélanges de registres sont invariants et ont une fonction précise: par exemple, le plein jeu prélude et  accompagne le plain chant, au ténor généralement, il sert aussi à jouer le  postlude très bref. Le vent des orgues français est toujours au plus juste et ne permet pas de s'écarter de registrations-type.

Au clavecin, pendant la même époque en France, nous sommes loin d'avoir un instrument stéréotypé, principalement au XVIIème . Chaque école, chaque région subit des influences diverses tant des Flandres que d'Italie, voire d'Allemagne au XVIIIème. Une chose parait troublante (c'est Alain Anselm qui le fait remarquer), au XVIIème les registres sont accessibles depuis la fosse des claviers, les manettes sont au plus près des claviers afin que le claveciniste puisse aisément registrer et changer de registration rapidement. Dans la première moitié du XVIII, voire plus tardivement, les manettes de registre sont sur le sommier , sans levier dans la gorge, alors que le pupitre est souvent très encombrant: cela ne facilite pas les changements de registration...Ce n'est qu'à la toute fin du XVIIIème qu'on va mettre en place (Taskin, Swanen...) des genouillères qui permettront les changements rapides de registration.
Le clavecin n'est donc pas, du moins jusqu'à cette période tardive, l'instrument "de la registration". Quant à l'usage du 4 pieds, petit plein jeu de l'instrument avec 1 ou 2 huit pieds, il est laissé à la discrétion de l'interprète et donc à son "bon goût": je pense qu'il ne viendrait à l'esprit de personne de l'engager dans les "tendres plaintes" (Rameau) ou "La sylva" (Forqueray), et qu'il s'impose dans la "Jupiter" du même Forqueray. Son usage en jeu soliste dans un clavecin français me laisse perplexe: il ne me semble pas fait pour cela.

Dernière modification par Michel Louet (17-02-2007 15:34:10)

Hors ligne

#4 18-02-2007 19:15:48

Alain Anselm
Membre

Re : Registration au clavecin

Bonjour,

Voila une question bien intéressante qui mériterait certainement qu'on y porte une attention plus soutenue, comme on le fait pour l'articulation ou l'ornementation. Certes, les sources écrites sont rarissimes ; j'ai souvenir d'un texte mentionnant «  la petite octave » (le 4') et une amie claveciniste m'a signalé une préface  de Guillemain, qui précise que l'on doit « accompagner les dessus sur le petit clavier ». Une lecture attentive des divers traités et préfaces, aisée de nos jours grâce aux fac-similés,  devrait nous renseigner assez rapidement     (les clavecinistes/musicologues qui fréquentent ce forum pourraient sans doute apporter quelque contribution).
Mais l'examen des clavecins eux-mêmes peut nous apporter certaines indications. Il convient alors de considérer tout autant la nature des registres (8' et /ou 4') , leur disposition par rapport aux cordes (sens des pincements, jeu « flûté » ou « principalisant »), la présence ou non d'un dispositif d'accouplement, celle d'un « dogleg », etc…
Michel Louet vient de rappeler et de résumer  des remarques que j'ai faites au cours de ma conférence des journées CLEF 2006, sur l'accessibilité des manettes de registres dans les clavecins français.  La position des commandes de registres juste au dessus du second clavier (avec les manettes au travers du sommier) impliquait pour le facteur un travail important, probalement justifié par une réelle nécessité musicale. Les transformations progressives de ces dispositions, notamment au cours des 20 dernières années du XVIIe, devraient être considérées avec plus d' intérêt pour une meilleure compréhension de l'évolution de la registration au clavecin.
Pour ce qui est de l'usage du 4', notre époque est encore bien timide et le cantonne essentiellement au rôle de « mixture » dans le plenum . Le 4' est un jeu  présent dans les clavecins italiens et flamands depuis l'origine, et que l'on retrouve dans la totalité des clavecins français du XVIIe subsistants (exception faite des instruments à un clavier qui ont seulement deux 8', sans 4').  Sur un certain  nombre de ces clavecins, le 4' était le seul jeu disponible au clavier supérieur. Il reste à ce jour 4 instruments qui possèdent encore cette disposition, dont les deux Labrèche ( dont un daté1699) et celui de Nicolas Blanchet 1693. Cette disposition semble donc avoir cohabité avec le schéma  qui nous est  aujourd'hui plus familier : 8' (clavier supérieur) 4'& 8' (clavier inférieur).
Dans le cas des Labrèche, le 4' est en « dogleg » (sautereaux  reposant  à la fois sur les deux claviers), avec pour conséquence le fait que lorsque l'on enclenche le 4', il est  présent  obligatoirement sur les deux claviers …  sinon, le second clavier est muet.
Nous avons perdu l'usage, et par la même certainement le goût du 4' seul, pourtant il existait de nombreux instruments sonnant seulement en 4' (petits clavecins, épinettes, ottavino, etc…)
Enfin il faut noter que le jeu de 4' n'est pas conçu de la même façon dans tous les clavecins. Le rapport des points de pincement (qui détermine le régime harmonique , donc la couleur) n'est pas identique dans tous les instruments. Certains 4' sont des « répliques » à l'octave du grand 8' (« flûté » dans la terminologie de l'orgue), d'autres sont plus « harmoniques »
( « principalisants »). Il s'ensuit que le «  plenum »  peut se comparer dans le 1er cas à un « fond d'orgue », et plutôt à un « plein jeu » dans le second .
D'autre part la nature du barrage n'est pas sans importance sur la « couleur » du 4', selon qu'il y a ou non  présence d'un contre-chevalet de 4'.
Enfin l'harmonisation de ce jeu et son réglage (selon qu'il pince en 1ère, 2ème ou dernière position) sont également des éléments importants, qui peuvent influer sensiblement sur l'usage musical qu'on peut en faire. On a souvent tendance à harmoniser le 4' « très doux », au point de lui gommer tout caractère. C'est un jeu difficile à harmoniser, qui ne laisse qu'une  marge étroite entre un caractère insignifiant s'il est trop faible, et la vulgarité dès qu'il est trop fort. C'est en combinaison avec seulement un 8' qu'il peut être le plus élégant , il  peut  aussi , comme à l'orgue, être utilisé en transposition à l'octave vers l'aigu ou le grave.
L'usage de la registration, tant pour les pièces solistes (mouvements de suites, reprises, etc..) que pour l'accompagnement (voix seule, voix multiples, sonates, ensembles, etc…) devait répondre à divers codes souvent implicites et aujourd'hui perdus, la notion fondamentale de « goût » pouvant s'interpréter comme une alchimie de liberté et de respect de ces codes.
Ce n'est là qu'un rapide aperçu d'un problème complexe, car les différences de couleur sonore au clavecin relèvent de l'imbrication de paramètres dont les combinaisons sont multiples, surtout dans la France du XVIIe siècle, et les variantes subtiles. Je donnerai plus de détails sur un site qui verra le jour très bientôt, j'aborderai également les liens complexes orgue - clavecin. Je me réjouis d'ailleurs qu'un nombre croissant de musiciens retrouvent la tradition des XVIIe et XVIIIe siècles en pratiquant les deux instruments.
Je pense qu'une lecture attentive du répertoire qui prendrait en compte tous ces éléments pourrait conduire à un usage souvent moins stéréotypé de la registration.
Cela dit, au clavecin comme à l'orgue, la registration reste un artifice bien utile, qui ne remplace ni les idées, ni le talent, mais en réclame plus encore.

Cordialement,
Alain Anselm

N.B.  Les divers registres du clavecin sont rarement désignés par une dénomination propre, cependant un instrument français de la fin du XVIIIe porte des inscriptions originales sur chacun des registres avec la terminologie suivante :
Épinette pour le 8' du clavier supérieur, Octave pour le 4' et Unisson pour le grand 8'.
Diverses réflexions sur les registres dans les clavecins français figurent dans nos publications du n°2 et 4 de la revue Musique-Image-Instruments (Alain & Marie-Christine Anselm, 1996 & 1999).

Hors ligne

#5 20-02-2007 19:24:38

Re : Registration au clavecin

Le sujet et les commentaires sont très intéressants.

A partir de la fin du 17è les manettes sont de moins en moins accessibles, mais les instruments à deux claviers ne sont-ils pas, en même temps, de plus en plus répendus?
Je serais tenté d'en déduire que les intruments à un seul clavier changent alors de statut: alors qu' à l'origine ils peuvent être sompueusement décorés (ce qui montre que ce ne sont pas des "instruments d'étude") ils deviennent plus ou moins "provisoires", quand le deux-claviers prédomine...

J'ai toujours entendu dire que le clavecin italien typique possède deux jeux de 8 inséparables (sans manette) jusqu'à quel point est-ce vrai?

Dans la préface de son 3è Livre (1722) Couperin prend soin d'indiquer ce qu'il faut faire de ses "pièces croisées" quand on ne possède pas de clavecin à deux claviers. Rameau qui innove tant sur le plan de la technique instrumentale ne rend jamais obligatoire la présence de deux claviers, Bach ne le fait que dans le concerto italien (contraste entre des plans sonores) et les Goldberg (pièces croisées)... Les instruments utilisés à l'époque étaient peut-être majoritairement des instruments à un clavier et un seul jeu?
Ce qui est clair, en tout cas, c'est que la registration ne doit pas être fondamentale dans le travail d'interprétation. C'est seulement un "plus" à envisager au cas par cas, qui se superposera à tout le reste.

Dernière modification par Martial Morand (21-02-2007 12:15:33)

Hors ligne

#6 20-02-2007 23:11:29

Alain Anselm
Membre

Re : Registration au clavecin

Bonjour monsieur Morand,

L'idée que les clavecins étaient majoritairement à un clavier en France au XVIIe, est un lieu commun sans fondement, auquel il faut tordre le cou définitivement. Que ce soit parmi les instruments qui nous restent (± 53 exemplaires) la très grande majorité, soit les ¾, est à deux claviers, seuls 12 sont à un clavier (en incluant les 5 Marius pliants). L'examen des inventaires des ateliers de facteurs, qui constitue un reflet plus fidèle de la fabrication, tempère un peu cette  proportion, mais les deux claviers demeurent majoritaires, face à un grand nombre d'épinettes variées, plus nombreuses que les clavecins à un clavier. Il apparaît donc que les clavecins à deux claviers ont toujours été les plus répandus en France, dès le milieu du XVIIe au moins, et certainement déjà dès les années 1640 ( avant , il est encore trop tôt pour en juger faute d'éléments). Les musiciens, organistes compris, possédaient tous plusieurs instruments à un et deux claviers, et aussi diverses épinettes à des diapasons variés , quelques clavicordes, vite délaissés en France. Il ne faut pas oublier que les clavecins étaient également l'instrument de travail des organistes, et qu'au XVIIe la quasi-totalité des facteurs de clavecins étaient organistes eux-mêmes.
Certes, nombre d'instruments sont parvenus jusqu'à nous grâce à leur décor, mais pas seulement, ceux que nous avons mis à jour durant ces quinze dernières années sont de toutes natures,  instruments d'apparat et instruments « ordinaires ».
La notion de « progrès » sous-entendue par cette idée fausse d'évolution des clavecins de un vers deux claviers est une vision « moderne ».  Les seules évolutions d'importance concernent les étendues, dont l'augmentation n'est pas sans conséquences sur le son
( modification des proportions et des volumes de caisse, des surfaces de table d'harmonie, etc…), et la normalisation de la facture française sur le modèle flamand ravalé.
L'idée de registration est à considérer très différemment dans chacun des autres pays d'Europe (Flandres, Italie, Allemagne, Angleterre, etc…). Il serait trop long d'aborder ici ce sujet très vaste.
Il n'existe pas de clavecin italien « type », même s'ils semblent très « uniformes » au premier regard, il y a de grandes différences selon les régions d'Italie et les époques. Il existe en effet des instruments avec 2x 8' sans commande des registres, mais aussi un 8', et un 8' et un 4' (souvent les plus anciens), un 4', des instruments transposés etc..

Le fait que les compositeurs n'aient pas donné beaucoup d' indications dans leurs œuvres publiées doit peut-être nous faire penser que les publications devaient aussi être vendues à un maximum de musiciens, qui utilisaient un parc instrumental disparate ( épinettes, clavecins divers à un ou deux claviers, clavicordes, puis fortepianos…). Certaines œuvres majeures du répertoire pianistique ont été éditées avec la mention «  pour clavecin ou  fortepiano » à une époque à laquelle le clavecin n'était plus à la mode depuis longtemps mais cela permettait de vendre de la musique même aux « retardataires ».
Je n'affirmerais pas que la registration est fondamentale pour la lecture du répertoire ancien, mais on ne doit pas oublier que toute la période baroque a privilégié la  couleur sonore,  dont la registration est un élément important. Il me semble que ne pas la considérer avec la même attention que les autres codes qui régissent la musique au XVIIe et au XVIIIe est certainement une négligence à ne pas commettre.

Musicalement,

Alain Anselm

Dernière modification par Alain Anselm (20-02-2007 23:23:38)

Hors ligne

#7 21-02-2007 12:46:23

Re : Registration au clavecin

Merci Monsieur Anselm, pour ces précisions.

En fait j'englobais la famille des épinettes dans le lot des instruments à un clavier: en France au 17è il y a donc environ 3/4 de clavecins à 2 claviers pour 1/4 de clavecins à 1 clavier, mais combien d'épinettes?

Ceci dit, je mesure toutes mes lacunes en histoire de la facture! Existe-t'il un ouvrage complet et précis? Mais votre futur site va sûrement m'aider à me remettre à jour...

Hors ligne

#8 21-02-2007 22:31:54

Alain Anselm
Membre

Re : Registration au clavecin

Cher Monsieur Morand,

Attention , j'ai bien dit que la proportion ¾ à deux claviers pour ¼ à  un clavier concernait uniquement les clavecins français XVIIe qui nous sont parvenus. Les inventaires de l'époque montrent la présence d'un peu plus de  clavecins à un clavier, mais les deux claviers y sont toujours majoritaires.
Pour ce qui est des épinettes (toujours pour la France du XVIIe uniquement), le nombre des instruments subsistants est d'un peu moins de 30, toutes espèces confondues (en aile d'oiseau, polygonales, rectangulaires, à l'octave, à la quarte ou à la quinte…).
Les inventaires montrent la présence d'un grand nombre d'épinettes de toutes espèces, dans les ateliers, mais surtout chez les musiciens qui en possédaient souvent plusieurs à différents tons. Nous publierons une analyse détaillée un de ces jours. Il est prudent d'analyser toutes ces données avec soin avant de tirer des conclusions.
Pour ce qui est des ouvrages sur la facture, rien de bien nouveau pour l'instant, l'ouvrage de Franck Hubbard, malgré son âge et l'évolution des connaissances, demeure incontournable (il y avait été traduit en français par Hubert Bédard et Félia Bastet). L'ouvrage récent de Edward L. Kottick, « A History of the Harpsichord » (Indiana University Press, 2000) est intéressant car il offre un panorama plutôt complet, malgré de nombreuses analyses contestables (surtout pour ce qui concerne l'école française), c'est un point de vue typiquement américain, donc une vision qui cherche à classer de manière excessive, normalisante, trop paneuropéenne, mais c'est tout de même très recommandable (malgré aussi la médiocrité des photos). Le livre de Claude Mercier-Ythier ne vaut, lui, que pour les photos (« coffee table book »). Sinon il y a tous les catalogues des musées (sauf en France bien entendu), Boston, Berlin, Londres, Munich, etc… et les actes des différents colloques, le tout en Anglais, Allemand, Italien … et quelques revues dont la seule en Français est  «  Musique- Images- Instruments ».

Bonne lecture
Alain Anselm

Hors ligne

#9 22-02-2007 11:40:08

Michel Louet
Membre

Re : Registration au clavecin

Martial Morand a écrit : "Rameau qui innove tant sur le plan de la technique instrumentale ne rend jamais obligatoire la présence de deux claviers, Bach ne le fait que dans le concerto italien (contraste entre des plans sonores) et les Goldberg (pièces croisées)... "

Bien que Bach ne soit pas le propos premier de cette discussion je me permets de compléter les références à 2 claviers chez J.S. Bach : outre le concerto italien et les Goldberg, on peut noter le dernier mouvement"echo" de l'ouverture en si mineur BWV 831 ainsi que le prélude et fugue en sol # mineur BWV 887, fugitivement d'ailleurs mesures 3 et 5...

Hors ligne

#10 22-02-2007 14:47:52

Re : Registration au clavecin

Vous avez tous deux raison, on n'est jamais trop précis.

Derrière mes question sur les épinettes il y avait celle-ci: si aujourd'hui le choix d'une épinette répond le plus souvent à des raisons pratiques, est-ce qu'au 17è ce choix n'aurait pas été plutôt une question de goût?
En jouant sur une épinette j'ai un peu l'impression de me rapprocher du luth "donc" d'une mentalité de français du 17è: c'est assez gamin, on me reconnaîtra bien là...
Les indications de monsieur Anselm portent cependant à croire que la raison pratique prédomine aussi au 17è...

Maintenant,si nous parlions de Louis Couperin?
Sauf nouvel oubli de ma part nous avons deux pièces "croisées", une courante et une sarabande en do majeur.
Croisées, elles doivent le rester à mon avis, sinon pourquoi L.C. les aurait écrites différemment des autres?
Il y a quand même un petit problème dans la courante, au 1er temps de la 2è mesure: l'accord de main droite donne un ténor (do) plus grave que la basse (fa). On s'en tire facilement avec un arpège descendant, qui aboutit à la note de basse suivante (fa une octave plus bas). On peut néanmoins se demander s'il n'y a pas là l'indice de l'utilisation d'un clavecin dont le clavier supérieur sonne en 4'?...mais pas un Labrèche.

Hors ligne

#11 22-02-2007 23:08:30

Alain Anselm
Membre

Re : Registration au clavecin

L'esprit pratique était certainement aussi nécessaire au XVIIe qu'aujourd'hui, mais prendre du plaisir à jouer une épinette dont le son est à la fois proche et élégant, plein et fragile, et de surcroît stable (sur celles de bonne facture) devait être aussi agréable pour nos ancêtres que pour nous. Autre aspect «  pratique », elles étaient nettement moins chères … et on pouvait éventuellement en posséder plusieurs de différentes sortes. Comme les clavecins, les épinettes étaient pourvues de sautereaux avec une butée de languette en cuir et des claviers légers, afin d'éviter au mieux les bruits parasites : les bruits de mécanique étaient certainement difficiles à admettre pour des oreilles encore très  habituées au luth. Ces détails disparaitront peu à peu dès le début du XVIIIe.
J'avoue ne pas bien saisir votre problème avec la mesure 3 de la courante en do majeur du Sieur Louis Couperin.
Si on joue la main droite en 4', il n'y a plus de croisement donc plus de pièce croisée. Le principe d'une « pièce croisée » ne serait-il pas de croiser les voix ? ou seulement de croiser les bras ?

Alain Anselm

Hors ligne

#12 22-02-2007 23:31:29

Samuel RAUFER
Membre

Re : Registration au clavecin

Bonsoir,

Merci pour toutes ces réponses.  Je dois dire qu'après les précisions données par Alain Anselm j'ai soigneusement réaccordé le 4' de mon clavecin, ce que je n'avais pas fait depuis bien longtemps, et je commence à le considérer autrement, il n'est jamais trop tard. Il est effectivement réglé très doux, il serait certainement plus intéressant un peu renforcé, je vais sérieusement reconsidérer ce sujet. L'analogie faite avec l'orgue est parlante pour moi, car j'utilise souvent un principal de 4' seul, parfois transposé d'une octave vers le bas quand la musique le permet,  c'est souvent plus élégant que la montre de 8' plus lente.
J'ai également profité des indications de lecture et je me suis procuré aussitôt plusieurs articles de la revue Musique-image -instruments.  Dans l'article sur le clavecin Labrèche de 1699 (n°7), l'auteur  dit que « l'accouplement s'effectue par la réalisation en dog-leg des sautereaux de 4' du clavier supérieur » . S'agit-il donc d'un accouplement avec les sautereaux en dog-leg ? Il me semble que dans l'article «bref regard sur les trois clavecins de Vincent Tibaut » (n°2), Alain Anselm décrit un système d'accouplement par déplacement du clavier inférieur avec également un dog-leg dont on devinerait la trace dans le clavecin de 1691. S'agirait-il d'un dispositif analogue  dans le Labrèche de 1699 ?

Merci encore,
Samuel

Hors ligne

#13 22-02-2007 23:59:58

Michel Louet
Membre

Re : Registration au clavecin

Monsieur Morand,
j'ai la courante de Louis Couperin en question sous les yeux (ancienne édition « oiseau Lyre » par Thurston Dart) mais ne peux comparer avec l'édition plus récente par David Moroney que je n'ai pas à ma disposition …peut-être y a-t'il quelques différences sensibles de l'une à l'autre.
Chez T.Dart la courante est à deux dessus et ténor dans la 1ère reprise. On n'a pas le choix , il faut impérativement jouer le premier dessus, main droite au clavier supérieur , le deuxième dessus et le ténor main gauche au clavier inférieur (en effet c'est la seule solution possible pour réaliser les 2 dernières mesures de la deuxième reprise : la main droite peut alors jouer le premier dessus sur le petit clavier tout en jouant le si 3 et le Do 3 du 2ème dessus avec le pouce sur le grand clavier) ce type d'acrobatie est fréquente dans la musique française pour orgue, par exemple dans les quatuors de Marchand et de Guilain.
Il me paraît alors peu probable de jouer le  1er dessus sur le 4 pieds du petit clavier à la manière de Labrèche, surtout dans cette tessiture assez élevée.
Monsieur Raufer, vous avez bien fait d'accorder votre 4 pieds, il n'est jamais trop tard; habituez le à un accord régulier, vous serez surpris, il est aussi stable que les autres jeux et cela ne prend que quelques minutes (4 à 5mn)
Il serait intéressant d'avoir l'avis d'Anne Chapelain Dubar sur ce sujet ; elle a fait en effet un important travail de thèse sur Louis Couperin (en particulier sur les préludes non mesurés). Alors plutôt que l'appeler au téléphone, on souhaite qu'elle s'exprime sur ce forum , que  quelques-uns  essaient de secouer un peu...
Cordialement.

Dernière modification par Michel Louet (23-02-2007 00:07:05)

Hors ligne

#14 23-02-2007 19:46:22

Re : Registration au clavecin

Monsieur Louet,
j'ai parlé de "ténor" en considérant l'accord de la 2è mesure (1er temps) qui est à quatre voix, du coup je dirais "basse" quand vous dites "ténor" mais peu importe. Nous sommes tous d'accord pour écarter l'idée de jouer cette pièce avec une main au 4'.
Ce n'est certes pas un scoop, mais cela implique que l'harmonisation des deux 8' ne doit pas être trop contrastée sur un deux-claviers: même au 17è, ils sont susceptibles de dialoguer entre eux.

Pour le travail de registration, l'orchestration de musiques de scène peut donner des références...
[Hum. J'ose?
J'ose mais je préviens: ceux qui sont contre l'autopublicité honteusement abusive ne doivent pas lire la suite.]

Dans l'édition du manuscrit Bloren il y a la transcription pour clavecin d'un menuet de Campra, j'y ai ajouté des indications tirées de la partition d'orchestre, pour distinguer ce qui est joué par tout le monde de ce qui ne l'est que par les hautbois:
- première partie (huit mesures en do majeur) = tous
- deuxième partie
  4 mesures en sol arrivant sur ré = hautbois
  quasi les mêmes mais arrivée sur sol = tous
  4 mesures en do majeur arrivant sur sol = hautbois
  4 mesures en do terminant sur do = tous

. Traduit en registrations ça fait souvent: toutes les 4 mesures dans la 2è partie!
. Cela change du schéma: "reprises au clavier supérieur" (les signes de reprise sont bien là)
. Cela change du schéma: "écho au clavier supérieur" quand une phrase est répétée deux fois de suite (mais commencer la première partie sur le jeux doux pour répéter quasiment la même phrase sur le jeu fort, permet de terminer la pièce comme on l'a commencée, sur le jeu fort).

Bien entendu, si on choisit ce type de registrations ce sera pour retrouver quelque chose de l'ambiance orchestrale. Il faut donc que cette référence se justifie, et chaque fois que la musique française pour clavecin du 17è s'inscrit dans le prolongement du répertoire de luth je ne crois pas que ce soit le cas...

Hors ligne

#15 23-02-2007 22:06:33

Alain Anselm
Membre

Re : Registration au clavecin

Bonjour,

Pour Monsieur Raufer,
Je me réjouis d'avoir contribué à votre réconciliation avec le 4' de votre clavecin. Michel Louet a raison, si vous prenez soin de l'accorder, il sera d'autant plus stable. Le 4' a une influence importante sur l'équilibre général et le fonctionnement de la table d'harmonie, car la traction qu'il exerce sur le contre-chevalet (boudin) est loin d'être négligeable. Il contribue à l'équilibre harmonique et sonore autant qu'à l'équilibre statique de l'ensemble.
Pour ce qui est du Labrèche 1699, une de ses caractéristiques est précisément qu'il  n'y a pas d'accouplement. C'est une des nombreuses erreurs que comporte l'article sur ce clavecin.
Il y a seulement un 4' en dogleg dont les sautereaux reposent à la fois sur le grand et le petit clavier ; si le 4' est engagé, il est présent sur les 2 claviers à la fois (soit 4'-8'-8' en bas et 4' seul en haut), si on le désengage, le clavier supérieur est alors muet. Cette disposition existait aussi avec un 8' en dogleg au lieu du 4'  et a d'ailleurs perduré dans nombre de clavecins tout au long du XVIIIe, en Angleterre, Flandre, pays germaniques et aussi à Lyon dans les années 1770 (Kroll, Stirnemann…).
Le dispositif évoqué pour le clavecin Tibaut 1691 est différent, il associe des sautereaux en dogleg avec le déplacement du clavier inférieur, ce clavier pouvant actionner ou non ces sautereaux selon qu'il est poussé ou tiré (et c'est seulement dans ce cas que l'on peut parler d'accouplement par dogleg). Ce dernier dispositif a déjà été décrit de manière détaillée sur ce forum,  dans un message au sujet  de l'accouplement dans les clavecins.
Il a l'avantage de permettre de jouer le plenum sur le grand clavier seul, en totale indépendance du second clavier, tout en conservant l'usage « classique » du second clavier (pour les pièces croisées par exemple).
Les instruments construits depuis 50 ans ont normalisé les systèmes d'accouplement sur le modèle français XVIIIe, et par là même nous ont fait oublier les autres dispositifs et plus encore leurs raisons d'être.

Pour Monsieur Morand,
Très intéressantes vos indications pour la transcription.  Le clavecin fut sans doute utilisé autant pour suggérer l'orchestre, qu' à l'imitation du luth , et parfois  celle de la (ou des) voix. Il est bien évident que l'on devait registrer et toucher en conséquence. Peut-être pourrait-on trouver des pistes chez d'Anglebert ? Pour les pièces croisées c'est la différence des couleurs des 8' que l'on utilise, l'intensité doit être voisine. Dans les bons instruments, cette intensité est quasi identique, côté auditeur, mais aux claviers, plus l'instrument est long, plus le 8' supérieur paraît « petit ». Le croisement des deux timbres est un effet d'une grande élégance, sorte de camaïeu sonore, dont les musiciens semblent avoir usé sans abuser. Toujours le goût …

Bonne musique
Alain Anselm

Hors ligne

#16 12-03-2007 12:12:34

Re : Registration au clavecin

Bonjour

discussion très interessante!
     On peut aussi comparer les pièces de clavecin de Royer comme "la sensible" et "la marche des scythes" et leur version dans l'opéra "le pouvoir de l'amour"...on y trouve des oppositions d'instrumentation (orchestre contre flûte et violon)et même des nuances.(doux, fort)...que l'on ne retrouve pas dans la version clavecin mais que l'on a envie de faire d'instinct, l'écriture le suggérant..on peut même aller plus loin et comprendre le sens des ornements de "la sensible"en lisant  les paroles du choeur ...les suspensions se trouvent par exemple à la place des "ch" comme dans "charmant" où le son arrive forcément après la pronnonciation de ce "ch".
    Pour information, J'ai trouvé une pièce XVIIIème de Pierre-claude Foucquet, le "concert des faûnes", dans laquelle il demande d'utiliser le 4' seul:"pour executer celle du concert des Faûnes, il faut séparer les claviers, suprimer la grande corde qui est sur le premier, et laisser celle de la petite octave seule, parcequ'elle imite le son du sifflet;poser la main gauche sur le deuxième clavier, et la droite sur le premier, ainsi qu'il est marqué dans la pièce."
  Je pense que cela était utilisé seulement dans un but très "imitatif" et théatral comme ici.l'effet en est d'ailleurs très réussi, et je dirais que c'est là tout l'intêret de cette petite pièce.

Hors ligne

#17 12-03-2007 22:33:21

Alain Anselm
Membre

Re : Registration au clavecin

Merci, Catherine Zimmer, pour ces remarques, et nul doute que la confrontation des pièces de clavecins avec les opéras  chaque fois que c'est possible peut nous renseigner utilement sur l'articulation, l'ornementation, les phrasés et enfin la registration. Votre citation de Pierre-Claude Foucquet est précieuse car c'est une des très rares indications du genre. Je crois que cette pièce n'est pas datée, mais doit appartenir au 3e livre de clavecin de ce compositeur, ce qui doit la situer plutôt dans la seconde moitié du XVIIIe (P.C. Foucquet est mort en 1772). Cette citation, par son caractère didactique, renvoie au type de situation que j'évoquais précédemment, losrsque le compositeur ne souhaite pas s'en remettre au goût et à l'intuition de l'exécutant. De manière annexe, elle nous indique avec précision la disposition de l'instrument : le 8' du clavier inférieur est ici désigné  par « la grande corde », donc les sautereaux pincent vers la gauche, le 4 ' est sur le même clavier. Cela correspond tout à fait à la disposition que nous connaissons des instruments français du XVIIIe. Mais il est intéressant de remarquer que P.C. Foucquet ne dit pas « le grand jeu », mais « la grande corde ». Chez Blanchet les sautereaux qui pincent « la grande corde » sont souvent marqués « g », et ceux qui pincent « la petite corde » sont marqués « p ». On a souvent pensé : g =grand jeu, et p= petit jeu . Désigner la corde est plus subtil, car dans le premier tiers du XVIIIe siècle, il y avait sans doute encore des clavecins dont les sautereaux du clavier inférieur pinçaient  la « petite corde » , et ceux du clavier supérieur la « grande ».
Il serait très intéressant de disposer de quelques éléments du même ordre pour des pièces du XVIIe et du tout début du XVIIIe, on pourrait ainsi en savoir beaucoup plus sur la place du 4' (clavier inférieur ou supérieur) et sur le sens des pincements avant la « normalisation ». Il serait vraiment souhaitable de recenser le maximum d'indications de cet ordre, donc, appel général aux clavecinistes, à vos fac-similés ! On ne pourra progresser qu'en interrogeant conjointement la musique et les instruments, ils sont inséparables…
Très cordialement
Alain Anselm

Dernière modification par Alain Anselm (13-03-2007 09:49:51)

Hors ligne

#18 13-03-2007 13:52:58

Re : Registration au clavecin

oui, le troisième livre de Pierre-claude Foucquet a été publié en 1751 et contient de petits bijoux.Il est surtout connu pour la table d'agréments très complète qu'il nous a laissé avec son premier livre, mais mériterait que l'on s'interesse plus à sa musique.Je m'y attache mais les organisateurs de concerts sont tellement frileux...dès qu'on sort des sentiers battus!.
    Je sais avoir rencontré la même demande de registration chez un autre compositeur qui parle d'oiseaux...je fouille dans ma mémoire et mes fac-similé!
  Dans "le carillon de Cythère", de son second livre, il demande aussi une registration spéciale avec un 8' sur chaque clavier:"la pièce nommée le carillon de Cythère, demande pour son exécution, que les claviers soient séparés, que la petite octave soit suprimée, après quoi on posera la main droite  sur le premier clavier et la gauche sur le second".
  Les parties des deux mains sont identiques et alternées note à note, ce qui donne chaque fois une sorte d'écho, pas moins fort mais avec un timbre différent.Cela crée un univers sonore très féerique et mystérieux.   
   J'ai toutefois beaucoup hésité lorsque j'ai enregistré cette pièce: pour moi,et sur mon clavecin, je trouve qu'elle  sonne  mieux avec la main droite sur le clavier supérieur, j'ai donc pris la liberté d'inverser les deux parties par rapport à sa demande... en me demandant si "premier clavier" à l'époque voulait obligatoirement dire clavier inférieur? (au dernier système , il demande que la mg rejoigne le premier clavier pour sonner l'heure, et là aussi, ça sonne plus "vrai" sur le clavier supérieur ... ). avez-vous une idée là-dessus?
   Merci de votre précieux éclairages sur les registrations. A propos du 4', en effet, la désignation "petite ou grande corde" était surement beaucoup plus précise que celle de claviers, et a surement évité des questions comme celle que je viens de poser!
  Aujourd'hui, certains facteurs refusent de laisser la possibilité d'avoir le 4' seul, pour éviter les problèmes de registres coincés, je trouve cela fort dommage, cela nous prive de cet effet si caractéristique, rarement demandé mais peut-être finalement plus utilisé à l'époque qu'on ne le pense.( j'ai essayé du coup sur le rappel des oiseaux de Rameau...étonnant, on se croirait dans une volière!je ne dis pas qu'il faut le faire, mais qui sait?)
  musicalement.
Catherine Zimmer.

Hors ligne

#19 13-03-2007 22:48:34

Alain Anselm
Membre

Re : Registration au clavecin

Merci d'avoir précisé la date de publication de ce troisième livre de Pierre-Claude Foucquet. C'est finalement  un peu plus tôt que je ne l'imaginais. Si je comprends bien, pour ce « carillon de Cythère »,   il utilise l'effet de « camaïeu sonore » que j'évoquais dans un précédent  message à propos des pièces croisées (je n'ai pas cette partition).
Pour autant que je me souvienne, je crois qu'effectivement le «  premier clavier » désigne toujours le clavier du bas appelé parfois «  grand clavier », par rapport au « petit clavier », ce qui est moins ambigu. On dispose hélas d'assez peu de références écrites pour le clavecin, mais un peu plus pour l'orgue, où la littérature subsistante est plus abondante (préfaces, traités …).
Je pense qu'il n'y a aucun mal à adapter la registration (et le choix des claviers) à l'instrument dont on dispose, les Anciens le faisaient sans doute déjà. Je crois aussi qu'il ne faut pas culpabiliser en faisant intervenir notre goût actuel et/ou personnel, étant entendu que notre génération fonctionne inévitablement - et heureusement - en termes de re-création de la musique baroque. Si la consultation des sources est indispensable et toujours du plus  grand intérêt, il ne s'agit surtout pas d'en faire un dogme, la musique doit rester un domaine de liberté.
J'avoue que je comprends mal en quoi la possibilité d'engager tel ou tel registre de 8' ou de 4' devrait dépendre de registres qui pourraient coincer ; les registres ne doivent coincer en aucun cas, et ils sont faits pour être utilisés. Je sais qu'il est des facteurs qui aiment à accommoder l'organologie à leur manque de compétence technique, c'est effectivement parfois plus simple que l'inverse …

Bien cordialement
Alain Anselm

Hors ligne

Pied de page des forums